ATTENTAT - Livres
Poche : 152 pages
Editeur : LGF – Livre de Poche
(7 novembre 2001)

L’histoire :
Epihane
Otos n’est pas ce qu’on peut appeler un canon de beauté. Bien au
contraire, il est, comme il aime se définir, l’homme le plus laid
du monde. Alors quand il devient une icône de la mode, c’est le
monde à l’envers. Adulé pour son aspect repoussant, convoité pour
sa célébrité,
il devient vite le mannequin incontournable du monde de la Mode. La
beauté est surfaite, c’est le culte de l’horreur. Malgré sa
célébrité soudaine, Epiphane et son esprit brillant et éclairée
analyse avec justesse le monde dans lequel il est immergé. Face à
lui Ethel, brillante comédienne et Vénus de la beauté, d’un
caractère peu compliqué et qui tisse avec Epiphane, une amitié
profonde et réelle qui va bien au delà des apparences. Mais
Epiphane est amoureux. Amoureux de la belle Ethel. Amoureux à s’en
rendre malade, repoussant toutes les ingénues qui s’approchent de
lui pour Elle. Toujours Elle.
Avis :
Comme tout les romans d’Amélie
Nothomb, Attentat, n’échappe pas à la règle. Déroutant, étrange,
qui rompt souvent avec les codes conventionnelles qu’on retrouve
dans bon nombres de romans. Bien que l’histoire soit originale, on
retrouve cependant des thèmes souvent abordés :l’Amour
Impossible, la marginalité.
L’amour Impossible tout comme Quasimodo et Esméralda, La Belle et
la Bête, le monstre qui tombe amoureux de la Déesse. Et on se met à
vivre au rythme de cette passion, à espérer comme Epiphane à croire
que ‘’l’amour va au delà des apparences’’.
Les apparences, tellement primordiales dans notre société. Amélie
Nothomb nous en fait une belle satyre dans ce roman. Le culte de du
beau, de la norme qu’on nous impose par les médias, la mode. Etre
mince, beau, avoir les vêtements derniers cris, la coiffure
impeccable… le tout dicté par une suprématie
Vogue-Vuitton-Gucci-Elle. Alors quand la nouvelle icône glamour de
la mode se trouve être un être répugnant qui gagne des sous au fur
et à mesure que son eczémas se développe, on fait sauter les
carcans de la norme !
Eric-Emmanuel Schmitt a lui aussi abordé ces normes de la beauté
dans Quand j’étais une œuvre d’art, roman tout aussi déroutant qui
aborde la question philosophique « Qu’est-ce que le
beau ? » Est-il imposé ? Et nous sommes obligés de
le suivre parce que quelques artistes éclairés ont décrété ce qui
était beau ? Ou bien est-il propre à chacun ? est-ce que
chacun à sa propre définition de ce qui est beau ou non et de
ce fait nous nous retrouvons avec une mixité, une diversité de
goûts incroyable. Or, que ce soit chez Amélie Nothomb, ou
Eric-Emmanuel Schmitt c’est souvent la première définition qui est
malheureusement vraie. On suit, on accepte ce qu’on trouvait
repoussant jusqu’alors, comme l’exemple même du
beau.