Vous trouverez ici les actions que le LEO club de Strasbourg a co-financé ou sponsorisé.
Certaines actions on même eu l'aides des LIONS. Encore merci à eux.
Vous trouverez des photos de cette action dans notre section photos.
Du 13 juillet au 9 août 2007, nous nous sommes rendus à M'Bour, ville portuaire située à 80km au sud de Dakar. Durant quatre semaines, nous nous sommes imprégnés de la culture sénégalaise et avons apporté notre collaboration à Seikou DACOSTA, responsable de La Case, ainsi que Espérance, jeune bénévole de l'association.
L’association La Case, notre partenaire
Qu'est-ce que La Case ?
Le Centre Accueil Soutien Enfants de M’Bour Sénégal est une association qui intervient à M’Bour dont le président est M. Fadel Koné, éducateur spécialisé à St Etienne (d’origine sénégalaise), et le responsable M. Seikou Dacosta. Créée en janvier 1998, la Case a pour objet de promouvoir et développer des actions de prévention en faveurs des enfants talibés. En août 1998 une structure d’accueil est construite pour venir en aide à ces enfants.
L'activité de la Case
La seule activité de La Case est la prise en charge des talibés. Le talibé est un jeune élève de l'école coranique ayant en moyenne dix ans et souvent issus de familles défavorisées. Il est confié à un marabout qui a pour charge de lui enseigner le Coran. Ce dernier est censé lui apporter protection (c'est -à- dire le loger et le nourrir) et enseignement de l'Islam (sachant qu’il y a 94% de musulmans au Sénégal).
Dans les faits, l'enseignement du Coran est bien souvent bâclé et l'accent est mis sur l'obligation de ramener un minimum d'argent au marabout sous peine d'être sévèrement violenté. Les talibés sont alors contraints de mendier et sont donc exposés à tous les dangers de la rue (violences, agressions, rejet par la population, maladies). A ce jour, on dénombre 200000 enfants talibés dans le pays. Cependant, rares sont les associations qui contribuent à amoindrir ce problème de société.
C'est pourquoi, Fadel Koné, éducateur spécialisé à St Etienne et originaire du Sénégal a mis en place un projet visant à les accueillir.
Concrètement, La Case leur permet d'effectuer leur toilette quotidienne ainsi que leur lessive. Elle les soigne des plaies et/ou autres maladies contractées dues au manque d'hygiène (suite incontournable dues à l'errance dans les rues).D’autre part, elle leur permet d’acquérir un minimum de connaissances générales en animant des séances de français et de géographie sous une forme ludique. Des loisirs, tels que le football (institution au Sénégal) ou le théâtre (facteur de sensibilisation) sont également proposés aux enfants afin de leur offrir un précieux moment d’insouciance dans leur difficile quotidien.
Le séjour a pu se réaliser grâce à la mise en place d’actions telles que des soirées, des collectes afin de rassembler des fonds et du matériel pour le voyage.
Le projet: Les enfants talibés de M'Bour au Sénégal
Notre projet est celui d'un échange d'ordre interculturel. Il est l'aboutissement de la coopération et du désir d'échange entre l'AMSED et la CASE.
Nous étions 10 bénévoles, essentiellement des étudiants. Au cours du mois de juillet 2007 nous nous sommes rendus au Sénégal dans la ville de M'Bour située sur la petite côte. A notre arrivée, nous avons été accueillis par Seikou Dacosta notre référant qui est responsable de La Case et qui travaille quotidiennement avec les enfants talibés.
Définition du projet
Le projet se divise en deux de temps de travail.
D'une part, le travail mené avec La Case vise avant tout à prendre en charge quelques heures les enfants talibés.
Concrètement, le projet vise à tisser des liens avec ces enfants afin d'instaurer une relation de "confiance". Une fois l'approche établie, notre objectif et de leurs permettre d'avoir une vision d'eux-mêmes plus valorisante, d'avoir un moment privilégié dans "le monde des enfants et du jeu".
Aussi, dans un souci d'échange nous voulons qu'ils acquièrent du vocabulaire de base en français afin qu'ils puissent communiquer avec nous, mais aussi avec les populations locales, sachant que nos élèves, pour la plupart originaires du fouta, région du Nord du Sénégal, parlent un dialecte différent de celui de la population locale, ce qui favorise encore plus leur désocialisation. Cela leur permettra également de "dialoguer" à moyen terme et de faire naître en eux l'envie d'apprendre.
D'autre part, nous participions aux débats qui avaient lieu dans notre quartier de résidence. Ces débats permettent de dialoguer, échanger voir confronter des points de vue entre les habitants du quartier et nous-même. Les débats ont permis de mettre l'accent sur la prévention et la sensibilisation des risques en rapport avec les thèmes abordés.
La prise en charge des talibés
Lors de notre séjour, la participation aux activités de La Case a été notre principale occupation. En effet, nous étions présents auprès de Seikou, responsable de l'association et d'Espérance, bénévole du lundi au vendredi de 9h à 13h. Chaque membre du groupe a su trouver sa place dans les différents ateliers en fonction de ses compétences. Les activités se sont organisées en trois temps autour du quotidien des enfants.
- Le moment d’hygiène : Il est primordial, car les talibés trouvent l’occasion de se laver et de laver leurs vêtements. Ce passage à l’eau va permettre à la fois de protéger et de sensibiliser l’enfant aux maladies dues à une mauvaise hygiène. Aussi, il permet aux enfants d'avoir un moment de détente et de bien-être même si il peut y avoir des débordements et du chahutage entre eux.
- Le moment des soins: Le manque d'hygiène et l'errance dans les rues causent différentes blessures et infections aux enfants. Ainsi, ils sont accueillis dans une modeste salle afin d’y être soignés et suivis. Ce moment est indispensable pour le bien être de ces enfants, d’un point de vue médical et hygiénique. Il s’agit également d’un moment où l’enfant peut être écouté, pris en charge et considéré en tant qu’enfant à part entière.
L’association La Case a, outre cette volonté de soigner et de laver les enfants talibés, l’ambition de leur apporter un moment d’apprentissage. Cet apprentissage se fait par le biais de l’animation mais également par l’enseignement de la langue française, à travers un atelier d’alphabétisation destiné à favoriser l’insertion sociale des enfants et ouvrir leurs perspectives sur le monde. L'apprentissage se réalise sous forme ludique.
La zone Sonatel : débats
Les lundis et vendredis soir, des débats étaient organisés. L’objectif de ces débats, animés par M. Seikou Dacosta était de réunir un maximum de personnes afin de débattre et de sensibiliser la population locale mais également notre groupe sur des problèmes de société.
Ainsi, nous avons successivement abordé les sujets suivants : le paludisme, le sida, l’immigration clandestine et la drogue. Notre présence a facilité la discussion sur ces thèmes (ci dessus) qui sont généralement des sujets "tabous" très peu abordés. C'est donc dans un esprit de sensibilisation que ces débats se déroulaient.
Il est important de noter que les débats ont attiré de plus en plus de personnes. Nous étions au départ un peu plus d’une vingtaine pour dépasser lors des derniers débats la soixantaine. Ces débats ont été très riches car ils ont donné lieu à de véritables échanges entre les différentes personnes qui étaient présentes.
De plus, ces discussions avaient également un rôle informatif et de sensibilisation aux problèmes de société. Cet aspect est très important car nous avons remarqué que le manque d’information est à l’origine de nombreux drames humains qu’il serait possible d’éviter en augmentant la fréquence et le nombre de ce type de causerie.
Le travail mené à la Case
Les objectifs que nous nous sommes fixés sont les suivants:
- Proposer des activités qui répondent aux besoins et aux attentes des enfants, et des loisirs à caractère éducatif.
- Susciter la créativité et la curiosité intellectuelle, en faire des vecteurs de dialogues, d'échange et de respect.
- Considérer l'enfant comme un potentiel de ressources et lui faire prendre conscience de ces capacités
- Favoriser et impliquer les habitants au bon déroulement de la vie dans l'association
- Sensibiliser les enfants aux règles de vie de l'association en abordant les notions de respect de l’autre (violences et religions)
- Contrôler l'hygiène de l'enfant et le soigner
- Nous espérions que par l’intérêt que nous portons au enfants ils se sentent valorisés. Ainsi, ils auraient davantage d'estime et de confiance en eux.
- Nous souhaitions leur apporter quelques notions de français et de géographie afin de les éveiller et leur donner le goût de la découverte.
- Nous voulions tisser des liens d'amitiés et leur faire découvrir le monde des enfants auquel personne ne leur donne accès.
- Nous souhaitions qu'ils partagent des moments avec nous, étrangers. Ainsi, les préjugés cassés dès leur enfance ils n'auront pas de sentiment de différence néfaste, voire même d’infériorité face à la figure de l'occidental. A long terme, cela permet d'éviter le racisme contre le "toubab"(= le blanc, l'européen).
Les débats de la zone Sonatel
Les objectifs que nous nous sommes fixés à travers les débats sont:
- Sensibiliser les habitants face aux risques liés à chaque thème
- Inciter les individus à se prémunir des dangers et habituer les personnes à des pratiques qui peuvent sauver des vies (utilisation de la moustiquaire contre le paludisme, utilisation du préservatif contre le sida)
- Apporter notre point de vue d’européen pour casser des mythes ou des préjugés
- Prendre connaissance du point de vue des sénégalais
- Confronter les points de vue afin d'en faire ressortir un raisonnement positif
- Se rendre compte que nos différences culturelles sont une force et qu'il faut puiser dans celle-ci
- Créer des liens sociaux entre les individus afin qu'ils deviennent acteurs dans le développement social et culturel de leur quartier.
- Débattre sur des thèmes répondant aux attentes de la population
- Favoriser la prise de conscience du rôle et de la responsabilité de chacun dans l'évolution et la construction de l'environnement qui l'entoure
- Favoriser l'ouverture d’esprit, inciter la mixité hommes/femmes .
Moyens mobilisés
L'association la CASE dispose de locaux très modestes composés d'un bureau et d'une salle de soin. Dans la salle de soin, on trouve une étagère sur laquelle étaient disposées des médicaments. Dans la cour, il y a un robinet dont on se servait pour doucher les enfants et laver leur linge.
Les habitants du quartier se servaient aussi du robinet pour s'approvisionner en eau. La CASE est une association qui ne bénéficie d'aucune aide financière de la part du gouvernement sénégalais, car elle est enregistrée en France .C'est grâce à l'apport humain matériel et financier des différents bénévoles que l'association réalise ses différents projets.
Nous avons été marqués par le manque flagrant de moyens du centre, autant sur le plan matériel que sur le plan humain, sachant qu’il est submergé par une quantité croissante d’enfants. En effet, sur le plan des soins par exemple, il nous a paru indispensable de pouvoir bénéficier d’un matériel de santé fiable et efficace rapidement pour soulager l’enfant qui retournera ensuite se confronter à la rudesse de son quotidien.
Bien que les moyens financiers manquent cruellement, notre présence a permis d'attirer l’attention des autorités locales sur le devenir du centre. Nous pensons que ceci est une valeur sûre et qu'elle permettra de démontrer sa légitimité face aux autorités politiques. C'est donc à défaut de bénéficier de moyens financiers que la Case perdure et gagne en légitimité.
Cependant, nous pouvons affirmer que nous avions une très large marche de manœuvre et que nous pouvions prendre bon nombre d'initiatives.
Vous trouverez des photos de cette action dans notre section photos.